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mardi 15 février 2011

AUGUSTIN D'HIPPONE

« Si donc la raison est immortelle (et moi qui discerne et lie toutes ces choses, c’est moi qui suis la raison), je conclus que ce qui en moi est appelé mortel n’est pas moi. Or si l’âme n’est pas la raison, et que cependant, usant de ma raison, je puisse devenir meilleur, l’âme est donc immortelle. Lorsqu’elle se sera rendue suffisamment belle, elle osera se présenter devant Dieu, la source d’où le vrai découle, le père de la vérité.  »

 « Mon Dieu, faites que je vous connaisse et que je me connaisse ! »

 « La raison : Mais toi qui veux te connaître, sais-tu si tu existes?

Augustin : Je le sais.
La raison : D’où le sais-tu ?
Augustin : Je l’ignore.
La raison : As-tu conscience de toi comme d’un être simple ou composé ?
Augustin : Je l’ignore.
La raison : Sais-tu si tu es mis en mouvement ?
Augustin : Je l’ignore.
La raison : Sais-tu si tu penses ?
Augustin : Je le sais.
La raison : Il est donc vrai que tu penses ?
Augustin: Cela est vrai.  »

 « Qui est assez aveugle d’esprit pour ne pas reconnaître que les figures géométriques habitent au sein de la vérité elle-même ?  »


 « En cette triple assurance, je ne redoute aucun des arguments des académiciens me disant : Quoi! et si tu te trompais ? Car si je me trompe, je suis. Qui n’existe pas, certes ne peut pas non plus se tromper ; par suite, si je me trompe, c’est que je suis. Du moment donc que je suis si je me trompe, comment me tromper en croyant que je suis, quand il est certain que je suis si je me trompe. Puisque donc j’existais en me trompant, même si je me trompais, sans aucun doute, je ne me trompe pas en ce que je sais que j’existe. De même en disant: Je sais que je me connais, je ne me trompe pas non plus, car c’est de la même manière que je connais mon existence et que je sais aussi que je me connais.  »

 « Or, croire qu’on n’est pas aimé parce qu’on ne voit pas l’amour, ne pas rendre affection pour affection parce qu’on s’en croit dispensé, ce n’est pas là un acte de sagesse, mais une réserve odieuse ; et si nous ne croyons pas à ce que nous ne voyons pas, si nous nions les volontés des hommes, parce qu’elles échappent à nos yeux, il en résultera un tel trouble dans la société que tout sera renversé de fond en comble.  »

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